Fanzines

Grossophobie medicale

C’est toujours dur d’introduire un sujet, d’autant plus quand celui-ci nous touche au plus près de nos corps. Après un premier numéro, les gros.ses reviennent s’exprimer cette fois sur la grossophobie médicale. Mille et un sujets auraient pu être choisi, ce n’est pas anodin que celui-ci ait raisonné si fort.

Parce qu’ils sont malmenés, parce qu’ils sont niés et parce que nous sommes sans cesse renvoyé.e.s à celui-ci, nous avons décidé de vous donner un aperçu de ce dont il est question lorsque l’on souhaite se faire soigner. Nous ne nous tairons plus, nous ne nous terrerons plus. Il s’agit ici de nos vies, nous refusons de les mettre en danger sous prétexte que nos corps écœurent et dégoûtent depuis la première année de médecine. Nous méritons une prise en charge de qualité, autant que nos corps méritent du respect. Nous ne supporterons plus aucune humiliation, et si telle est le cas – ne nous leurrons pas -, nous ne souhaitons pas les laisser sous silence. Nous ne devons plus nous sentir responsables de la malveillance d’un.e professionnel.le de santé, encore moins quand celui-ci n’est pas capable de faire un diagnostic cohérent et en lien avec les raisons de notre venue. Nous sommes fatigué.es et en colère, mais toujours pas prêt.e.s à se taire.

Tous ces témoignages ont résonné en nous comme des évidences, ça en devient effrayant de voir que nous sommes si nombreux.ses à vivre des situations violentes car gros.ses. C’est encore une fois avec rage et détermination que nous vous proposons ce fanzine.

A celles et ceux qui savent.

Puis à toutes celles et ceux qui pensent ne pas être grossophobes, vous vous mentez à vous-même.

Encore une fois, les gros.ses s’impriment, les gros.ses s’expriment !

À bientôt pour le #3

Premier fanzine

L’origine de ce fanzine, il a une envie très simple : s’exprimer. S’exprimer en nos noms propres, loin des étiquettes qui nous collent au corps en permanence. Prendre la parole, prendre de la place, loin de ceux et celles qui parlent en permanence en nos noms. On nous interdit d’être à l’aise dans nos peaux. On nous discrimine dans les espaces publics, dans nos lieux de travail, et la grossophobie nous suite jusque dans nos espaces privés. Nous refusons d’être assimilé·e·s, sans notre avis ni consentement, à la-bonne-copine-rigolote, la-maman-douce-et-bienveillante, la-meuf-désespérée-prête-à-tout-essayer, la-personne-paresseuse-qui-n’arrive-pas-à-se-prendre-en-main, barrez la mention inutile.

Notre corps est intime, mais il est opprimé ; et par cela, il devient politique. Voilà pourquoi nous avons choisi la non-mixité gros·ses sans mecs cisgenres pour l’élaboration de ce fanzine. C’est avec rage et détermination que nous nions à la société les droits qu’elle s’autorise sur nos corps. Nous prenons la parole dans ce fanzine, pour que nos témoignages, notre individualité, notre créativité soient, pour une fois, mis en avant.

Halte à la grossophobie ordinaire !

Réappropriation de notre image et de nos droits !

Les gros·ses s’impriment, les gros·ses s’expriment !